Pour la seconde fois en moins d’un an, l’Assemblée nationale s’est prononcée à la fin du mois de février à une majorité absolue en faveur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir, examinée en seconde lecture. Ce nouveau vote confirme l'évolution positive de l'opinion publique au fil du temps sur ce sujet sociétal complexe.
La première partie du texte renforce les soins palliatifs et en conforte l'accès sur tout le territoire. La seconde partie propose l'ouverture d'un nouveau droit à l'aide active à mourir, selon des critères très précis, à la demande du patient dont la maladie entrainerait irrémédiablement la mort.
Nous avons été contraints d’examiner en peu de temps à nouveau plus de 2 000 amendements principalement déposés par les députés opposés à une telle évolution, qui se sont relayés pour exprimer leurs refus de chacun des articles. D’une manière générale, alors que les Sénateurs avaient rejeté massivement le texte vidé de sa substance, nous avons réussi à conserver l’équilibre global du texte.
Pour être éligible au dispositif, le texte prévoit toujours l’obligation pour le malade de remplir cinq conditions cumulatives particulièrement précises et une expression de la demande de manière réitérée dans le cadre d’une procédure très encadrée.
Alors que les partisans du texte ont toujours cherché à faire preuve de pédagogie, j’ai été attristée par les vastes campagnes de désinformation menées dans les médias et sur les réseaux sociaux par les détracteurs du texte, qui ne concerne ni les personnes âgées ou handicapées mais bien des personnes gravement malades en fin de vie sans aucune forme d’obligation !
Le texte va désormais faire l’objet d’un nouvel examen par le Sénat, avant de revenir à l’Assemblée nationale qui se prononcera définitivement pour légaliser ce nouveau droit avant l’été prochain.